Émouvantes retrouvailles
Émotion, fébrilité, excitation, nostalgie. Les qualificatifs employés par les chanteurs de Notre-Dame-de-Paris, quelques heures avant le premier de trois concerts au Palais Omnisports de Paris-Bercy, ne manquaient pas. Pour trois soirs seulement, la troupe originale de la comédie musicale qui a connu un succès phénoménal il y a une dizaine d'années se réunissait dans la Ville lumière. Un retour à la « maison » pour la première fois depuis 2000.
Une histoire de droits d'auteur empêchant la production de poursuivre plus longuement l'expérience, cela rendait ces trois concerts parisiens encore plus précieux.
Cette fois-ci, on ne proposait pas la comédie musicale, mais plutôt un spectacle mélangeant l'opéra et la symphonie. Ainsi, pas d'histoire, de costumes extravagants ou de décors imposants, seulement les meilleures chansons de Notre-Dame-de-Paris, livrées par des interprètes très en voix. Le Journal a décortiqué ce spectacle très attendu.
La foule : On s'attendait à voir une majorité de têtes grises à ce concert symphonique. Mais non, on retrouvait un public de tous âges, à légère majorité féminine. Plusieurs mères semblaient avoir amené leur fille à cette soirée.
La distribution : Les sept chanteurs de la troupe originale étaient présents : Garou, Luck Mervil, Daniel Lavoie, Hélène Segara, Patrick Fiori, Bruno Pelletier et Julie Zenatti. Un tour de force compte tenu de l'horaire très chargé de chacun.
Les musiciens : L'orchestre symphonique de Kiev comprend 70 musiciens. Quarante choristes se retrouvent aussi sur scène. Leur apport aux chansons de Plamondon et Cocciante est immense, ajoutant une puissance impressionnante.
La mise en scène : Signée Denis Bouchard, elle laisse toute la place aux interprètes, qui livrent leurs chansons seuls ou en groupe.
Les éclairages : Ils n'avaient rien à envier à ceux de Coldplay, que l'on avait vu deux jours auparavant, au même endroit. Ici, on avait droit à des éclairages de concerts rock, très vivants.
Les costumes : Distingués complets veston cravate noirs pour les hommes, séduisantes robes rouges et noires, pour Hélène, et blanche, pour Julie.
La réaction de Luc Plamondon : Attrapé au vol à l'entracte, l'auteur ne tarissait pas d'éloges le nouveau spectacle symphonique. « Ç'a beaucoup de gueule, de classe. C'est un très beau concert. On ne peut pas trouver plus beau, Ils sont tous magnifiques. D'entendre ces chansons-là avec un orchestre symphonique, ça donne une dimension nouvelle. »
Le chanteur le plus intense : Luck Mervil a chanté avec ses tripes tout au long du spectacle. Mention aussi à Bruno Pelletier qui s'est montré très efficace vocalement.
Le moins en voix : On ne sait trop ce que Garou avait durant la première partie, mais il a manqué certaines notes sur Belle et Ma maison c'est ta maison. Heureusement, il s'est bien repris après l'entracte.
Le meilleur duo : Daniel Lavoie nous a épatés, en compagnie d'Hélène Segara, sur Un matin tu dansais. Du grand art.
Les moments forts : Outre la finale en groupe, l'interprétation de Libérés, par Garou, Luck, Bruno et Hélène nous a jetés par terre. Tu vas me détruire, par un Daniel Lavoie chamboulé, a été très poignante. Lune, d'un Bruno Pelletier inspiré, a aussi été très applaudie.
Le phénomène purement français : À la toute dernière chanson du concert, interprétée par Garou, des dizaines de fans ont accouru vers la scène. Les gens ont longuement ovationné les artistes, visiblement émus, à la tombée du rideau. Des retrouvailles touchantes et réussies.
