Après trente ans de scènes enchaînées à un rythme effréné, le Québécois préféré des Français se laisse aller à la simplicité… et aux coïncidences.
Un meilleur lendemain. À entendre le titre de son nouvel album, on serait tenté de poser la question : hier était donc moins bien ? Garou sourit à l’idée. À 53 ans, l’homme de bande s’est assagi. D’abord parce qu’il est amoureux. Et parce qu’il a osé, pour la première fois, se mettre à nu : composer ses propres chansons et monter sur scène solo. Couvé d’amour par une famille québécoise très pieuse qui l’a longtemps considéré comme un petit miracle, le Quasimodo de Notre-Dame de Paris a grandi sans esprit de compétition, préférant l’amitié à la rivalité.
Ce n’est pas un hasard si, en associant les noms de ses deux parents, on obtient « Pierre Garand (de) Labonté ». Chez lui, la générosité n’est pas un slogan. C’est peut-être aussi pour cela qu’il a longtemps cherché le déséquilibre, flirtant avec le côté sombre de l’artiste maudit pour tenter de se comprendre. Aujourd’hui, Garou semble avoir trouvé la bonne cadence. Hier n’était peut-être pas si mal, mais demain lui ressemble davantage.
Vous dites que ce nouveau show reflète qui vous êtes vraiment. Vous nous auriez menti tout au long de vos trente ans de carrière ?
[Rires.] Vous commencez fort! Ma précédente tournée s’est arrêtée net en 2020 à cause du Covid. Jusqu’alors, je vivais dans le tumulte : toujours entouré, toujours en mouvement. Et puis, d’un coup, retour au Québec, seul. J’ai construit une petite cabane dans les bois, je me suis mis à produire mon sirop d’érable… En revenant à des choses très simples, j’ai retrouvé une part de moi que j’avais peut-être un peu oubliée. À la maison, j’essayais d’initier ma fille au piano, à la guitare… sans grand succès. Puis je lui ai acheté un ukulélé. Et là, déclic. La musique est revenue autrement, plus intime. Peut-être plus sincère.
Pourquoi avoir attendu vos 52 ans pour composer ?
J’ai retrouvé une part de moi que j’avais peut-être un peu oubliée
On m’a longtemps offert des titres magnifiques: Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, l’équipe de Céline Dion… Quand on reçoit de tels cadeaux, on ne ressent pas forcément le besoin d’écrire soi-même. Bien sûr, ça m’est arrivé quand il fallait livrer quelque chose, presque à l’instinct. Mais ma vie allait très vite, j’étais dans la folie des tournées. Je me disais qu’un jour je me poserais et que je prendrais enfin le temps de m’y mettre. Et c’est exactement ce qui est arrivé.
la célébrité vous met toujours mal à l'aise?
J’ai toujours eu tendance à fuir les fans. Non pas parce que je n’aime pas les gens, bien au contraire. Je suis très mal à l’aise quand on m’accorde trop d’importance. J’ai un besoin viscéral que les relations restent simples, normales. Sur scène, bien sûr, on applaudit l’artiste et la magie que je peux offrir. Mais dans la vie, je suis comme tout le monde. Moi aussi, j’ai des étoiles dans les yeux quand je sors de chez mon boulanger avec un pain encore chaud. Ce n’est pas pour autant que je vais l’attendre à la sortie de sa boutique. C’est aussi pour cela que je me réfugiais souvent dans les hôtels cinq étoiles : non pas par goût du luxe, mais parce que j’y trouvais une forme de tranquillité. Ça fait déjà trente ans que je réponds à des interviews… Parfois, j’aimerais bien pouvoir poser les questions à mon tour.
Garou grand séducteur, ce n'est pas un mythe ...
J’ai toujours été fasciné par les femmes. Je les mets sur un piédestal. Pour moi, c’est ce qu’il y a de plus beau, de plus fort – et parfois de plus fragile aussi. Alors je fais attention. Je reste très gentleman. Séduire, oui… mais sans jamais manquer de respect. J’ai souvent été attiré par les femmes qui ne me regardaient pas. Peut-être parce que leur indifférence éveillait davantage ma curiosité. Plus jeune, les premiers chagrins d’amour donnent l’impression que le monde s’écroule. Avec le temps, j’ai appris à relativiser. Et j’ai toujours essayé de ne pas blesser. Quitter quelqu’un mérite mieux qu’un simple message : il faut prendre le temps d’expliquer et de reconnaître que la relation a compté. La délicatesse, c’est aussi savoir se séparer avec respect.
Votre enfance a laissé une trace particulière en l'homme que vous êtes devenu?
J’ai grandi dans une famille très sédentaire, assez méfiante vis-à-vis de l’extérieur. Ceux qui ne faisaient pas partie du cercle proche étaient presque perçus comme des intrus. Le seul « restaurant » où l’on allait, c’était un drive-in de burgers. Je raconte d’ailleurs dans mon spectacle une histoire assez incroyable. Après ma grande soeur, mes parents ont essayé d’avoir un autre enfant, mais ça ne marchait pas. Ma mère a fait une fausse couche, puis on lui a découvert un kyste. Les médecins lui ont expliqué qu’après l’opération prévue elle ne pourrait plus avoir d’enfants. Une de mes tantes lui a alors conseillé d’aller consulter une voyante… à huit heures de route! Ce qui est assez étonnant quand on sait à quel point mes parents étaient catholiques. La voyante lui aurait dit : « Annulez votre opération, vous allez tomber enceinte. ». Trois mois plus tard, elle était enceinte de moi. Sans cette voyante, je ne serais pas là.
Donc vous êtes un miracle!
[Rires.] Disons que mes parents m’ont longtemps vu comme ça. Quand on vous attend autant, on vous entoure forcément d’amour. Et ça vous construit. On dit souvent qu’un artiste a un immense besoin d’attention.
Chez moi, c’est presque l’inverse : j’ai été tellement aimé que je n’ai jamais eu à courir après la reconnaissance. Mes amis me taquinent d’ailleurs en me disant : « Toi, t’es pas vraiment un artiste. » Parce que je n’ai jamais cherché la lumière à tout prix. Les artistes les plus compétitifs l’ont vite compris. D’où ma facilité à être ami avec tout le monde…
Après trente ans de scènes enchaînées à un rythme effréné, le Québécois préféré des Français se laisse aller à la simplicité… et aux coïncidences.
En 1998, la rencontre avec Luc Plamondon et Richard Cocciante pour Notre-Dame de Paris vous fait entrer dans un monde très éloigné de celui dans lequel vous avez grandi ...
Luc a été un mentor incroyable. Dès qu’il a été décidé que je serais Quasimodo, il m’a emmené partout. La première année, j’ai même intégré la troupe des Enfoirés. J’ai vite pris conscience de mes lacunes, mais les artistes qui m’entouraient ont vite senti ma soif d’apprendre. Tout le monde m’a aidé. Maxime Le Forestier me chantait le répertoire français pour que je m’en imprègne. Beaucoup ont choisi de me transmettre des choses plutôt que de se moquer du « gentil Québécois » qui manquait de culture. Et ça, je ne l’oublierai jamais.
C'est vrai que les français se sont très vite attachés à vous ...
Attention, car il y a une réalité au Québec: quand vous arrivez en France et que vous adoptez l’accent français, certains compatriotes vous reprochent de trahir nos origines. Je ne citerai personne, mais je l’ai vécu. [Il prend un accent très parisien.] Mais il faut me comprendre : j’ai tellement voulu m’intégrer, on m’a tellement adopté ici que j’ai naturellement ajusté mon vocabulaire. J’ai appris certaines expressions, certaines tournures plus locales. Pas au point de renier mon accent, mais assez pour me sentir à ma place.
C’est comment, le dimanche de Garou?
Une balade dans la nature québécoise, une sieste, puis un plateau-repas devant une série .
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La Tribune Dimanche (France)
12 avril 2026
Propos recueillis par /Joséphine Simon Michel
Photo / Denis Allard / Leextra

🍀Hello🍀Sylvie
RépondreSupprimerBelles images sur ta page
Un p'tit coucou pour te souhaiter une bonne journée
Un bon début de semaine..il fait un beau ☀️soleil
Et toi comment vas-tu ?,,🧣☕bien j'espère
Prend soin de toi
Bisous💋 ton @mie💗 *Shirley*